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Commençons par le début... Qu'est-ce vraiment que le pardon ? Et bien c'est avant tout un don, un acte gratuit. Sa définition pourrait ainsi prendre la forme suivante : « le pardon est une remise gracieuse de l’offense sans conditions ni intérêts. »
N'oublions pas que le pardon n’est pas sentiment ! Le pardon est choix.
Et pour l’individu ? Le pardon sert à se réconcilier : à être en paix avec soi comme avec l’autre. Le ressentiment, la rancune, la haine emprisonnent l’individu dans les chaînes du passé. Le pardon nous en libère pour entrer dans l’avenir. Vladimir Jankélévitch exprime très bien ce paradoxe de la vengeance : « La vengeance prolonge et répercute dans l’avenir les conséquences destructrices d’un acte malfaisant commis dans des circonstances qui déjà n’existent plus ».
En pratique, celui qui pardonne n’ignore donc pas le désir de se venger mais il décide de le surmonter et de le surpasser. De façon paradoxale, la décision de ne pas se venger ne peut être prise que parce que le désir de se venger est justement là, bien présent en nous et qu’il veut emporter, et notre adhésion, et notre décision.
« L’oubli, écrit Emmanuel Lévinas, annule les relations avec le passé, alors que le pardon conserve le passé pardonné dans le présent purifié ». Ce qui signifie que le pardon est bien un pari sur l’avenir.
Ceci explique pourquoi la vengeance est si facile, si évidente... Et c’est pourquoi, la réponse au mal par le mal paraît si naturelle et le pardon inopportun, incompréhensible bien que socialement souhaitable et individuellement salvateur.
Pardonner ne signifie pas oublier. Au contraire, il faut se souvenir de l’offense pour pardonner. Mais, à l’inverse de la vengeance qui refuse l’oubli pour inscrire éternellement une dette de haine, le pardon nous délivre d’elle, nous libère d’un passé qui n’arrive pas à passer.
Pour ma part... je dirais que mon pardon dépend de beaucoup de choses...Il m'est arrivé de pardonner, car la vengeance pesait trop sur la balance, et aurait a long terme causé un déséquilibre permanent dans mes relations de tous les jours, avec certaines personnes. Il m'est arrivé aussi de pardonner ce que les gens peuvent qualifié d’impardonnable. Tout dépends de beaucoup de choses...encore une fois. Je dirais que l'essentiel est de vivre en paix avec sa conscience.