Pourquoi est-ce que lorsqu'il y a une séparation entre deux personnes, cette séparation doit être le plus souvent hermétique, rompant tout contact ou aménageant lorsque cela est vraiment nécessaire (garde d'enfants par ex .) une tolérance contrainte de l'autre ?
Je comprend qu'il y a plusieurs facteurs, pour l'essentiel inconscients qui entrent en jeu, des choses que l'autre rappelle en nous : des espoirs déçus, des souvenirs que l'on cherche à oublier et que l'autre, par sa simple existence, nous rappelle. Quelque-part, c'est en réalité moins l'autre que ces souvenirs que l'on cherche ainsi à rayer de notre vie...
Alors n'est-ce pas d'une certaine manière confondre les deux ("jeter le bébé avec l'eau du bain" comme on dit) que de rayer directement l'autre de sa vie ? Mais cela constitue, il est vrai, une bonne solution de facilité ;cela évite souvent bien des remises en question.
Toutefois, je ne peux m'empêcher de m'étonner de toutes ces histoires où l'on ne peut se passer de la présence de l'autre à ses côtés, où l'autre représente l'un des être les plus chers, si ce n'est le plus cher à nos yeux, où l'on n'est que partage, main dans la main... Pour parfois dès le lendemain le rejeter au loin et vouloir effacer peut-être jusqu'à son souvenir...
La vie est bien changeante, et l'être humain un être bien inconstant.
mite
Le Mercredi 1 Février à 13:08
la séparation blesse parce que c'est son identité qui se voit affectée...Celui ou celle en qui je me reconnaissais est partie...Dure réalité qui me force à douter finalement de moi...alors on efface comme si effacer le passé était effaçable..Retour à un présent qui n'est plus porteur d'avenir...Elle est là la douleur, du moins à mon sens.
l'oubli porte en soi la possibilité de recommencer...mais tout cela est illusoire...on le sait très bien.
La séparation c'est se dire que tout est à recommencer et le retour à la solitude originaire que cela implique est difficilement supportable.
Bref, tout ceci pour dire que les affects nous dirigent et qu'ils ont leur propre rationalité. Peut-être échapperons nous à cette douleur en admettant que la séparation appartient à notre être et que nous ne pouvons que nous approcher d'une plénitude sans jamais la rejoindre vraiment.
nos rencontres nous stabilisent pour un temps, le temps de comprendre que la fusion avec l'autre est un rêve dangereux et que la séparation est toujours là...Je et TU sont là dans un face à face qui s'estompe le temps du partage d'un monde..mais le temps est notre condition..il y a un début et une fin à toutes les histoires...
encoupdevent
Le Jeudi 2 Février à 21:29
Bonsoir Mite, bonsoir à tous,
Comme tu le dis très justement, "les affects nous dirigent et qu'ils ont leur propre rationalité".
Je ne connais pas leur histoire en détails, mais en illustration du thème de ce topic je me suis rappelé l'histoire de Michel Berger et Véronique Sanson. Cette dernière avait quitté le premier sans prévenir, sortant prétenduement pour aller acheter des cigarettes, elle s'envole en réalité aux Etats-Unis avec un autre.
Quelques années plus tard, elle divorce et revient en France, seule. Les deux entament alors un dialogue par chansons interposés, mais ne se rapprochent pourtant plus jamais...
Des blessures à notre identité, un vain désir d'effacer, de tout recommencer... Tant de choses que l'on n'accepte en l'autre, en soi-même, en la Vie. Il me semblerait pourtant tellement plus simple d'apprendre à accepter, accepter comme tu dis le temps, accepter le mouvement et les changement inhérents à la Vie.
L'amour un pari ambitieux, unir ainsi la vie de deux être. Nous sommes tous en perpétuel changement, nous évoluons, nos idées évoluent, notre vision du monde, notre manière d'appréhender la vie, nos interactions avec les autres, tout cela à l'image de la Vie est en perpétuel mouvement... et lorsqu'on aime, alors ces changements en nous se voient encore accélérés.
Là où l'amour relève quelque-part d'un paris, est qu'il réunit deux être qui, à un moment donné, se correspondent. Mais chacun est voué à ce changement, alors changeront-ils dans la même direction, ou bien ces changements feront-ils progressivement naître des différences entre eux ?
Réellement se correspondre à un moment donné est déjà quelque-chose de magique, cela ouvre la porte à un partage sans commune mesure, transcendant l'ego et nous permet de nous retrouver nous-même au-delà de soi, voir la vie avec quatres yeux comme je dis souvent.
Mais nous sommes tous uniques, chacun nous avons notre propre voie en ce monde, nous suivons nos propres chemins. Ô combien illusoire est alors le désir de vouloir voir l'autre évoluer de la même manière que nous... Mais est-ce alors une raison de couper tous les ponts, et vouloir tout à la fois rejeter au loin l'autre et les souvenirs qui nous y ramènent ?
En cherchant ainsi à effacer l'autre, c'est une part de nous-même que l'on efface, en agissant ainsi on s'interdit de construire sur des choses qui sont en nous, des choses qui sont nous.
En agissant ainsi, on s'interdit aussi une autre forme de partage qui aurait pu être riche, car cet autre qui nous ressemblait tant et suit maintenant une autre voie, ne pourrait-il pas être quelque-part un peux comme une autre "version" de nous-même suivant d'autres voies ? La vie est trop courte pour que nous puissions tout voir, tout apprendre, alors nous avons besoin des autres, du fait qu'ils ont vécu ce que nous n'avons pas vécu pour pouvoir nous enrichir de leur expérience, de leur vision des choses. Un tel partage nécessite déjà certaines affinités, et Ô combien d'affinités pouvons-nous partager avec une personne en qui, il fut un temps, nous avons reconnu comme un autre nous-même, notre moitié, terme tellement galvaudé et pourtant tellement fort !
Un tel partage ne mérite t'il pas quelques efforts, juste accepter ce temps, ce changement, n'est-il jamais possible de faire la paix avec son passé et apprendre à considérer ses souvenirs comme une richesse et non comme un poids ? N'est-il pas possible de considérer le passé comme les fondations d'un avenir radieux et non comme des ruines à raser ?
Voici ce que la vie m'a amené à comprendre: la séparation est la réalité et le propre du monde terrien, elle commence dès la vie faetale: à ce moment là l'entité qui s'incarne se sépare peu à peu de sa conscience supérieure(de son moi divin, de son "je suis", de sa partie divine) pour finir par l'oublier complètement une fois passée de l'autre côté du miroir.
Le pire traumatisme que puisse subir l'être humain est la naissance et non la mort; paradoxalement la naissance dans le monde terrien est vécue comme une forme de mort pour la conscience qui s'incarne, une perte d'unité.
La relation de couple a pour but de nous rappeler et nous faire retrouver de manière fugace et sporadique cette unité perdue entre soi et soi, lorsqu'elle atteint un haut niveau d'harmonie, nous ressentons de la complétude, de la plénitude, de la joie intense, puis lorsque cette relation s'étiole ou se termine, nous replongeons dans la tristesse, la dépression(l'anticyclone nous abandonne).
Ce que nous ne pouvons pas comprendre, c'est que le monde dans lequel nous évoluons, est un monde basé sur le principe de la relativité, d'illusion, où tout est limité, cyclique; un bandeau a été placé volontairement sur nos yeux(les yeux du cœur) afin de nous faire expérimenter la dualité(la séparation) afin que nous comprenions par nous même qu'il n'existe rien en dehors de la perfection: nous sommes parfaits par nature mais nous l'ignorons; donc nous prenons sans arrêt des chemins de traverse qui ne nous mènent jamais où nous voulons aller.
La prise de conscience que j'ai faite est de considérer notre monde comme un monde d'illusion et de l'observer plutôt que de m'y engluer, sachant que tout est temporaire et qu'il ne sert à rien de s'accrocher à qui et quoi que ce soi: je me compare à un acteur de théâtre qui a endossé un costume pour jouer un rôle bien précis; je trouve que la vie terrestre s'apparente à une comédie dramaturge.
Pour conclure, la séparation est une réalité incontournable, on y est tous et toutes confrontés un jour où l'autre afin de nous amener à lâcher prise.
epona
Le Mercredi 28 Mars à 10:16
Désolée d'intervenir mais c'est l'inverse qu'on dit : "Loin des yeux, loin du coeur".